L’usure professionnelle : de quoi parle-t ’on ??

  19/01/2023

Toutes les visites médicales rajoutées par les politiques dans leur proposition de réforme des retraites ( 10 /01/2023) n’y feront rien, et seront « un cataplasme sur une jambe de bois »                                                                      

On revient à une prévention tertiaire comme en 1946 , c’est un recul au siècle dernier , et un reniement total de la loi du 02/08/2021, tournée vers une prévention primaire

L’usure est un phénomène multifactoriel conduisant dans tous les cas , à une altération de la santé du salarié., avec effets immédiats ou différés. 

L’agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT) a donné une définition à l’usure professionnelle à savoir :

« Processus d’altération de la santé qui s’inscrit dans la durée,  et qui résulte d’une exposition prolongée à des contraintes de travail (ex : port de charges lourdes, mauvaises postures … objectifs irréalistes, injonctions contradictoires, pression temporelle…) ».

   Trois types d’usures possibles : physique, cognitive, psychologique., leurs effets pouvant être immédiats ou différés. 

  • Manifestations physiques : douleurs, lombalgies et troubles musculosquelettiques (TMS) pour les plus connus.                          Elles peuvent se traduire, dans les cas les plus extrêmes, par une maladie professionnelle.
  • Manifestations cognitives : stress intense ou charge mentale élevée ; elle peut provoquer des difficultés de concentration voire des pertes de mémoire.
  • Manifestations psychiques sont l’essoufflement professionnel, la démotivation, le désengagement.

La santé mentale influe autant que la santé physique  

L’usure professionnelle touche toutes les catégories de salariés

L’origine des troubles se trouve principalement dans :

  • Les conditions physiques du travail : port de charges lourdes, postures pénibles ,exposition aux intempéries ou à des produits chimiques dangereux, etc.
  • L’organisation du travail : répétition ou parcellisation des tâches, objectifs imprécis ou inatteignables, trop ou pas assez d’autonomie…
  • Le parcours professionnel : obsolescence des compétences, absence de perspective ou de reconnaissance professionnelle.

   Les salariés usés professionnellement sont exposés à :

  • L’augmentation et l’aggravation de problèmes de santé
  • La difficulté à réaliser correctement leur travail
  • La perte de compétence , et la dégradation de l’employabilité
  • La perte d’estime de soi et la démotivation

   L’entreprise doit faire face à :

  • Augmentation de l’absentéisme
  • Progression du nombre de personnes en inaptitude de travail
  • Turnover plus élevé
  • Départs précoces de salariés compétents
  • Dégradation du climat social
  • Baisse de la rentabilité et de la compétitivité

   Seule une prévention primaire l’usure professionnelle est à privilégier pour un maintien durable en emploi.

  • C’est un enjeu de santé et d’employabilité pour les salariés.
  • C’est aussi un enjeu vital pour les entreprises lorsqu’elles doivent faire face aux conséquences da pénibilité
  • La première action à mener est de bien appréhender la réalité de l’usure professionnelle des salariés de l’entreprise : qui est concerné ? comment cela se traduit concrètement ? quelles en sont les causes ?

Ce diagnostic est indispensable pour formaliser un plan d’action ; les leviers d’action sont nombreux :

  Leviers d’action :

  • Modifier l’environnement de travail pour réduire la pénibilité physique (aides à la manutention, au levage, outils de travail bien adaptés …
  • Revoir l’organisation du travail (horaires aménagés, temps partiel, autonomie d’exécution, etc.) afin d’alléger le stress et la charge mentale
  • Améliorer le management et la conduite du changement
  • Renforcer la gestion des ressources humaines et développer les compétences via un plan de formation (parcours professionnel limitant l’exposition aux risques, VAE, etc.
  • Accompagner les salariés en prévention , et en gestion des problèmes de santé.                                                                       
  • Mesurer la mise en œuvre des actions préventives , et constater les progrès ou les retards , participe de la démarche et de son amélioration.

De la pénibilité à la prévention de l’usure professionnelle JF. Thibault Directeur de l’ARACT Aquitaine L. Bugand Chargé de mission à l’ANACT