Pourquoi le « zéro accident » peut être contre-productif , et nuire à la prévention

12/01/2026

Si les équipes craignent des sanctions ou une remise en cause de leur performance, elles peuvent minimiser ou taire les incidents mineurs ou les situations à risque.

 Or, ces « presque-accidents » sont des signaux précoces essentiels pour anticiper les risques majeurs.

Un objectif perçu comme punitif (ex : primes conditionnées à l’absence d’accidents) peut créer un climat de méfiance, où la priorité devient de « cacher » plutôt que de « partager ».

1/ Ne plus se focaliser sur les résultats, mais sur les processus :                                                                          

Le « zéro accident » est un indicateur de résultat, pas de progrès.                                                                    

Il ne reflète pas les efforts de prévention (formations, audits, améliorations techniques), qui sont cruciaux.

Supprimer les primes « zéro accident » au profit de bonus liés , à la qualité des actions préventives.

Valoriser la remontée d’informations : remplacer ou compléter les primes « zéro accident » par des récompenses pour :

  • Le signalement proactif de risques ou de « presque-accidents ».
  • La participation à des ateliers de sécurité ou des retours d’expérience.

Indicateurs qualitatifs : Intégrer des critères comme le nombre d’actions correctives mises en place, le taux de participation aux formations, ou l’amélioration des audits.

2/ Créer un environnement « psychologiquement sûr »

  • Communication transparente : insister sur le fait que les erreurs sont des opportunités d’apprentissage, pas des échecs.
  • Anonymat et non-jugement : permettre des remontées anonymes et garantir l’absence de représailles.
  • Impliquer les équipes : Coconstruire les objectifs de sécurité avec les opérationnels pour renforcer l’adhésion.

3/ Outils concrets pour encourager la remontée

  • Systèmes de signalement simplifiés : applications mobiles, boîtes à idées physiques, ou référents sécurité dédiés.
  • Retours systématiques : pour chaque signalement, fournir une réponse ou une action visible (ex. : « votre alerte a permis de corriger X »).
  • Analyse collective : organiser des revues régulières des « presque-accidents » pour en tirer des enseignements partagés.

Certaines entreprises ont remplacé les primes « zéro accident » par des bonus liés à la participation aux ateliers sécurité, avec des résultats probants sur la réduction des risques.

Message clé à transmettre

« L’objectif n’est pas de punir les accidents, mais d’apprendre des risques , pour les éviter ; chaque signalement, même mineur, est une contribution à la sécurité de tous. »

L’objectif, ce n’est pas “zéro accident”, c’est : 100 % de transparence, 100 % de remontées, 100 % d’actions correctives