09/10/2026
Elle est passée sous les radars
Le ministère du Travail rappelle qu’il ne s’agissait pas d’une négociation, mais d’une initiative destinée à « faire apparaître les convergences et divergences entre partenaires sociaux ».
Elle dresse le bilan des travaux qui qui ont réuni tous les syndicats et organisations patronales représentatives (à l’exception du Medef qui n’a pas souhaité y participer), autour de trois thématiques intrinsèquement liées : le travail, l’emploi et les retraites
Ils se sont déroulés de 12/2025 à l’été 2026, à l’initiative du Premier ministre, sous la houlette de trois garants : J.D.Combrexelle, ancien directeur général du travail, A.M.Couderc, ancienne présidente du conseil d’administration d’Air France-KLM, et P.Ferracci, fondateur du Groupe Alpha.
Elle propose :
- Un accord national interprofessionnel (ANI) sur l’intelligence artificielle pour encadrer son déploiement en entreprise
- Les modalités d’anticipation de l’impact de l’IA et ses usages
- Le lien avec l’évolution de l’ensemble des métiers et des compétences
- L’accompagnement de tous les salariés et leur formation à l’utilisation de l’IA et à ses impacts
- La formation des acteurs du dialogue social
- La mobilisation des mesures de transition professionnelle et de formation
- Le renvoi à des négociations de branches.
Les OPCO (opérateurs de compétences) seraient invités à renforcer l’IA dans leur offre de formation, et le CPF pourrait y être fléché en priorité.
- L’emploi des seniors : la retraite progressive
Le dispositif, accessible dès 60 ans depuis 09/2025, grâce à l’ANI du 14 /11/2024, a connu une montée en charge rapide
Le nombre de bénéficiaires dans le secteur privé est passé de 34 000 en 06/2025 à près de 66 800 en 06/ 2026, soit une hausse de 98 % en un an.
Le rapport invite les entreprises à se l’approprier, via une contractualisation accrue de ses modalités au niveau de l’entreprise.
Le tutorat et la fonction de maître d’apprentissage sont aussi mis en avant, comme leviers de transition entre emploi et retraite pour les salariés expérimentés, avec une meilleure reconnaissance attendue de ces rôles.
- La notion de pénibilité élargie : le retour des facteurs ergonomiques dans le C2P :
Le mécanisme proposé combine une cartographie collective des métiers exposés, négociée au niveau interprofessionnel, et un diagnostic individuel en fin de carrière , via une visite avec le médecin du travail.
Selon l’état de santé constaté, le salarié pourrait basculer en temps partiel avec maintien de salaire , ou déclencher une procédure de retraite anticipée pour incapacité permanente.
Cette avancée est neutralisée par la menace de suppression du dispositif “carrières longues” qui permet chaque année à un(e) salarié(e) sur six de partir plus tôt à la retraite », mettent-ils en garde.
Le rapport estime en effet que le dispositif « carrières longues » ne répond pas aux objectifs sociaux et d’équité ; il concerne, par exemple, peu d’ouvriers et d’employés non qualifiés ; et « les données disponibles contredisent l’idée d’une mortalité précoce des bénéficiaires (…)
« Il n’appartient pas aux garants d’aller plus avant dans le détail technique de ces mesures »,
- Fixer un âge « d’équilibre » de départ à la retraite:
La personne qui partirait avant l’âge d’équilibre se verrait appliquer une décote sur le montant de sa pension, tandis que celle qui partirait après bénéficierait d’une surcote.
Cet âge de référence dépendrait de l’équilibre financier de l’assurance vieillesse.
- Les arrêts maladie : vers une réflexion d’ensemble sur l’indemnisation
Le rapport ne tranche pas entre les approches ; les garants écartent un simple ajustement paramétrique , et appellent les partenaires sociaux à une réflexion d’ensemble sur :
- Les leviers de prévention
- Les outils de contrôle des arrêts
- Les niveaux d’indemnisation, selon la gravité du préjudice.
- L’égalité salariale femmes-hommes : un impératif aussi pour l’équilibre des retraites
Les garants soulignent qu’une réduction de 4 % de l’écart salarial à travail égal générerait 4,2 milliards d’euros de recettes supplémentaires pour les régimes de retraite.
Ils appellent à accélérer la transposition de la directive sur la transparence des rémunérations, dont les organisations patronales redoutent la complexité normative pour les TPE-PME.
- Le management : un chantier à fort impact , sans coût budgétaire,
Le rapport souligne que 56 % des salariés français estiment que leur travail est reconnu à sa juste valeur, contre 72 % au Royaume-Uni et 75 % en Allemagne, un écart que les pratiques managériales peuvent réduire, sans attendre de réforme législative.
Parmi les pistes:
- La révision des formations initiale et continue des managers
- La prise en compte d’indicateurs extra-financiers dans l’évaluation des managers
- Donner le temps aux managers d’échanger régulièrement avec les membres de leurs équipes sur les conditions concrètes d’exécution du travail , et améliorer la reconnaissance des managers, en particulier de proximité.
