Désattention au travail : enquête IPSOS/BVA/USIDE 06/2026

25/06/2026

  • Les salariés français subissent 4,7 interruptions par heure en moyenne, soit une toutes les 13 minutes. 
  • 84 % des salariés ont observé des conséquences concrètes d’un déficit d’attention sur leurs tâches (stress, baisse de productivité, problèmes de qualité…). 
  • 58 % des salariés estiment que leur entreprise n’agit pas pour réduire les déficits d’attention. 
  • 64 % des salariés souhaitent être accompagnés pour améliorer leur attention, notamment 70

Cette étude met en lumière un décalage important entre les attentes des collaborateur,  et les actions concrètes menées par les entreprises , pour préserver la charge cognitive et la performance collective.

Moins de deux salariés sur trois déclarent être systématiquement ou souvent attentifs au contenu et au déroulement des réunions.

Plus inquiétant encore, la perception de l’exemplarité managériale vacille : seuls 54 % des salariés jugent leur manager attentif lors de ces séquences.

Ce désengagement partagé transforme les réunions en zones de non-productivité, accentuant le sentiment de fragmentation du travail.

L’IA, nouvel ennemi de l’attention ?

Contre toute attente, les nouvelles technologies, et l’intelligence artificielle en particulier, n’apparaissent pas comme des solutions aux yeux des salariés.

Plus d’un salarié sur trois estime que l’IA dégrade l’attention portée aux autres (38 %) et au monde extérieur (36 %).

Un contre-narratif fort, à rebours du discours dominant sur la productivité augmentée.

Management et attention : un écart de perception selon l’expérience :

L’étude révèle également une fracture profonde dans la perception de l’attention entre salariés et managers.

 Si 78 % des salariés déclarent être attentifs aux conséquences de leurs actes, ce chiffre chute à 47 % lorsqu’on leur demande d’évaluer l’attention portée par leur hiérarchie, soit un écart de 31 points.

Ce fossé se creuse avec l’ancienneté : alors que 73 % des jeunes salariés (18-24 ans) estiment que leur manager est attentif à l’équipe, ce chiffre tombe à 50 % chez les salariés de 50 ans et plus.

Une demande d’accompagnement forte, portée par les jeunes générations : 

64 % souhaitent être accompagnés pour améliorer leur attention au travail, une proportion qui monte à 70 % chez les moins de 35 ans.

Contrairement aux idées reçues, la jeune génération ne se révèle pas moins attentive que ses aînés ; elle est simplement plus lucide,  sur ses besoins et plus demandeuse de solutions concrètes.

Inaction des organisations : un angle mort du management contemporain :

Face à ce constat, les entreprises semblent largement démunies ou insuffisamment mobilisées.

58 % des salariés estiment que leur organisation n’agit pas pour réduire les déficits d’attention.

Un paradoxe saisissant alors que la désattention pèse directement sur la performance collective.

Les conséquences humaines sont réelles : lorsque l’attention n’est pas protégée, 33 % des salariés développent de l’épuisement professionnel et 32 % voient leur niveau de stress augmenter, faisant de la désattention un facteur majeur de burn-out.

Désattention au travail :rapport complet de l’enquête IPSOS/BVA/USIDE 06/2026