04/06/2026
Bien que l’OIT reconnaisse que l’IA apporte des avancées (efficacité, sécurité, productivité), elle insiste sur l’existence de facteurs de RPS , dont l’IA est à l’origine, et qu’il ne faut pas occulter.
L’émergence de l’IA ces dernières années, génère des transformations en profondeur du monde du travail, avec des risques pour la santé mentale, sociale et psychosociale des travailleurs.
Ces différents changements augmentent, ou font apparaître des facteurs de RPS :
- Surveillance intensive ou intrusive : suivi en continu de l’activité des travailleurs (ex. : frappes au clavier, temps de connexion, appels, réunions)
- Perte d’autonomie professionnelle : prise de décisions sur le rythme, les tâches, les objectifs, les horaires, ou l’évaluation par des systèmes d’IA
- Intensification du travail : objectifs plus exigeants fixés par l’IA, davantage de tâches à effectuer en un temps défini, réduction des marges de manœuvre, pression sur la performance
- Collecte excessive de données : attention à la collecte massive, continue et parfois opaque de données
- Manque de transparence : sur l’utilisation d’une IA, la collecte et le traitement des données, l’automatisation des décisions prises.
- Effets sur la santé et sur le collectif
À terme, ces facteurs peuvent impacter négativement la confiance, la sécurité professionnelle, l’autonomie, la dignité au travail, le sens, ou encore la motivation.
Les RPS générés par l’IA sont sources :
- D’effets individuels : sur la santé physique et mentale des travailleurs, qui peuvent prendre la forme de stress chronique, d’anxiété, de dépression, d’épuisement émotionnel, de troubles musculosquelettiques (TMS), de maladies cardiovasculaires, etc.
- D’incidences sur le collectif en entreprise: avec une modification de la cohésion d’entreprise liée à une réduction des interactions entre collaborateurs, ainsi que d’une transformation de la relation employeur-salarié.
L’OIT recommande une approche intégrée de l’IA dans le monde professionnel qui combine
- La Santé sécurité au travail ST
- Le droit du travail
- La protection des données
- L’égalité
- La non-discrimination
- La transparence algorithmique
- La participation des travailleurs et de leurs représentants.
L’organisation rappelle aussi l’impératif d’œuvrer pour un monde du travail centré sur l’humain.
D’un point de vue juridique à l’échelle européenne on peut citer :
1/ L’IA Act ( 06/204) qui établit un classement des usages de l’IA dans le monde professionnel en fonction des risques qu’ils présentent.
Des usages de l’IA sont ainsi qualifiés à haut risque tels que :
- Le recrutement
- La gestion et l’évaluation des travailleurs
- La répartition des tâches
2/ Convention-cadre du Conseil de l’Europe sur l’intelligence artificielle JOUE13/05/2026
Il s’agit du premier instrument international juridiquement contraignant dans ce domaine.
Elle vise à garantir que les activités menées dans le cadre du cycle de vie des systèmes d’intelligence artificielle sont pleinement compatibles avec les droits humains, la démocratie et l’État de droit, tout en étant propice au progrès et aux innovations technologiques.
Elle a pour objectif de garantir que les activités menées tout au long du cycle de vie des systèmes d’IA, par des acteurs publics et privés, soient conformes aux droits de l’homme, à la démocratie et à l’État de droit.
La Convention-cadre vise à assurer l’effectivité des engagements existants de chaque partie à la convention, dans le contexte du recours aux systèmes d’IA, tout en palliant, au vide juridique qui résulterait des avancées technologiques rapides.
Elle adopte une approche fondée sur les risques pour la conception, le développement, l’utilisation et la mise hors service des systèmes d’intelligence artificielle, ce qui implique d’examiner attentivement toutes les conséquences négatives potentielles de l’utilisation des systèmes d’intelligence artificielle.
- La dignité humaine
- L’autonomie personnelle
- La transparence et le contrôle
- L’égalité et la non-discrimination
Elle prévoit la mise en place d’un cadre de gestion des risques.
Chaque partie doit adopter ou maintenir des mesures législatives, administratives ou autres afin de prévenir les impacts négatifs des systèmes d’IA sur les droits de l’homme.
Pour les États membres de l’Union européenne, son application doit s’articuler avec le droit de l’Union, notamment avec l’IA Act .
AI Systems at Work A Changing Psychosocial Work Environment OIT 04/2026
