14/08/2026
Plus on fait confiance à l’IA, moins on exerce sa pensée critique.
Le risque existe, mais il ne vient pas de la puissance de l’outil, il vient de la confiance qu’on lui accorde.
La crainte de voir l’esprit critique s’émousser est fondée.
Il y a celui qui doute, vérifie, recoupe, ajuste, et celui qui fait confiance qui valide.
Elle ne se combat pas en refusant l’outil, mais en refusant la confiance aveugle qu’il inspire.
Le déplacement vers le jugement est une chance pour ceux qui ont de l’expérience, à condition qu’ils l’utilisent pour contrôler plus, pas pour produire plus.
Ces outils font gagner du temps, mais ils demandent un recadrage permanent, un esprit critique de tous les instants, une volonté de les challenger en continu pour obtenir des résultats fiables.
L’IA ne remplace pas des personnes, elle remplace des tâches.
Un métier est un assemblage de tâches, dont certaines seulement se laissent automatiser : les tâches répétitives, normées, sans arbitrage, avec un résultat vérifiable mécaniquement.
La rédaction de base, le premier niveau de contrôle, la mise en forme, la production standard, la recherche documentaire initiale, c’est beaucoup de temps passé, peu de valeur créée.
En entreprise, les collaborateurs installés depuis dix ou quinze ans sur des fonctions d’exécution, sans perspective d’évolution, et donc sans véritable progression salariale, sont les plus exposés, et leur ancienneté ne les protège plus.
Ce n’est pas leur expérience qui est automatisée, c’est leur périmètre : personne n’ose le dire
À l’inverse, ce qui prend de la valeur, c’est ce que l’IA ne sait pas faire.
Une IA peut répondre très bien à la question qu’on lui pose, elle ne vous dira jamais que ce n’était pas la bonne.
Trancher entre deux options qui se défendent aussi bien l’une que l’autre, en fonction d’un contexte, d’une histoire…
Vérifier : c’’était une formalité, elle devient un métier à part entière, on passe d’un rôle d’exécutant à un rôle de superviseur. À une condition : que le temps gagné serve à contrôler davantage, pas à produire davantage.
On a déjà vécu ce genre de bascule.
L’arrivée de la bureautique, dans les années 80 et 90, a fait disparaître des pans entiers de tâches de saisie, et a obligé tout le monde, à revoir sa manière de travailler.
Internet a fait la même chose, à une autre échelle : l’information a cessé d’être rare, il a fallu apprendre à la trier , plutôt qu’à la chercher.
Chaque fois, ceux qui ont pris l’outil comme prétexte, pour ne plus réfléchir ont régressé.
Ceux qui ont appris à s’en servir sans lui déléguer leur jugement, en sont sortis meilleurs.
Ce qui change cette fois, c’est la vitesse et l’ampleur ; ce qui a pris quinze ans avec la bureautique et dix ans avec internet se joue en deux ou trois ans avec l’IA, l‘effet est démultiplié.
F Zirah Business Partner des dirigeants à 360 degrés
