20/07/2026
Les changements induits par une adoption enthousiaste de l’IA peuvent s’avérer non durables , et engendrer des problèmes à long terme.
Les salariés constatent une augmentation insidieuse de leur charge de travail, et se sentent débordés par la gestion de toutes les tâches, qui leur incombent soudainement.
Cette surcharge de travail peut entraîner une fatigue cognitive, un épuisement professionnel et une altération de la capacité de décision.
Le gain de productivité initial peut laisser place, à une baisse de la qualité du travail, à un fort taux de rotation du personnel , et à bien d’autres problèmes.
L’IA générative intensifie le travail :
- Extension des tâches :
Elle rend certaines tâches plus accessibles, en comblant les lacunes en matière de connaissances , les salariés assumant progressivement des responsabilités qui incombaient auparavant à d’autres.
Ces outils ont réduit la dépendance aux autres, et offert un retour d’information et des corrections immédiats.
- Frontières plus floues entre travail et hors travail :
La frontière entre vie professionnelle et vie personnelle n’a pas disparu, mais elle est devenue plus facile à franchir.
Nombre de salariés sollicitent l’IA pendant leur déjeuner, en réunion , ou en attendant le chargement d’un fichier.
Écrire une phrase à un système d’IA s’apparente davantage à une conversation, qu’à l’exécution d’une tâche formelle, ce qui facilite les débordements involontaires
- Plus de multitâches :
L’IA a instauré un nouveau rythme , où les travailleurs gèrent plusieurs tâches simultanément
L’effet cumulatif est la fatigue, l’épuisement professionnel et le sentiment croissant qu’il est de plus en plus difficile de se déconnecter du travail, d’autant plus que les exigences organisationnelles en matière de rapidité et de réactivité augmentent.
Il en résulte une charge cognitive grandissante , et un sentiment de « jonglage permanent », avec de multiples flux de travail automatisés par l’IA., même si le travail parait productif.
Beaucoup de salariés ressentent plus de pression qu’avant l’utilisation de l’IA, alors même que les gains de temps grâce à l’automatisation , sont censés réduire cette pression.
Cette dépendance accrue a élargi le champ des possibles, en augmentant la quantité et la densité du travail.
Malgré un sentiment de productivité accru, les salariés ne se sentent pas moins occupés, et même, dans certains cas, plus qu’auparavant.
Les entreprises doivent définir des normes et des standards concernant l’utilisation de l’IA , à savoir un ensemble de normes et de routines intentionnelles , encadrant son utilisation définissant les moments opportuns pour l’interrompre , et les modalités d’adaptation du travail face aux nouvelles capacités.
Sans une telle pratique, le travail assisté par l’IA tendra à s’intensifier, plutôt qu’à se réduire, avec des conséquences néfastes sur l’épuisement professionnel, la qualité des décisions et la pérennité de l’activité.
Les organisations devraient envisager d’adopter :
1/ Des pauses intentionnelles :
À mesure que les tâches s’accélèrent et que les frontières s’estompent, les travailleurs pourraient bénéficier de brefs moments structurés pour réguler le rythme
Ces pauses ne ralentiraient pas le travail en général ; elles permettraient simplement d’éviter l’accumulation insidieuse de surcharge qui survient , lorsque l’accélération n’est pas maîtrisée.
2/ Un Séquençage :
Plutôt que de réagir instantanément à chaque résultat généré par l’IA, la mise en séquence des tâches favorise une progression cohérente du travail.
Au lieu d’exiger une réactivité continue , la mise en séquence permet aux organisations de préserver l’attention des utilisateurs, de réduire la surcharge cognitive, et de favoriser une prise de décision plus réfléchie dans les environnements de travail où l’IA est omniprésente.
3 / Un échange social :
La promesse de l’IA générative réside aussi dans la manière dont elle s’intègre harmonieusement au rythme quotidien.
À mesure que l’IA favorise le travail individuel et autonome, les organisations ont tout intérêt à préserver du temps, et de l’espace pour l’écoute et les échanges humains, que ce soit par de brefs points de contact, des moments de réflexion partagée , interrompant l’utilisation intensive et continue des outils d’IA , et permettant de prendre du recul.
L’échange social favorise la créativité , qui repose sur la confrontation à de multiples points de vue humains.
En institutionnalisant des espaces et des moments dédiés à l’écoute et au dialogue, les organisations réancrent le travail dans un contexte social , et contribuent à contrer les effets déshumanisants et individualisants d’un travail rapide et médiatisé par l’IA.
