SPST & Santé publique

09/08/2026

Les SPST voient, au fil des années leur rôle évoluer , vers une dimension plus large de santé publique, en plus de leur mission traditionnelle centrée sur la santé au travail.

Leur mission dépasse désormais le cadre traditionnel de la santé au travail,  pour inclure des actions de dépistage, sensibilisation, et coordination avec le système de santé global

Plusieurs facteurs expliquent cette tendance :

  • La frontière entre santé professionnelle et santé générale s’estompe ( expositions aux pollutions : particules fines, aux pics de chaleur , sédentarité, …)  
  • Vieillissement de la population active
  • Augmentation des maladies chroniques (diabète, obésité… )
  • Prise de conscience des déterminants sociaux de la santé (précarité, etc.).
  • Crises sanitaires: pandémie de COVID-19

 Élargissement des missions des SPST au fil des années :

Art.L.4622-2 Code du travail

Les SPST :

  • Contribuent entre autres à la réalisation d’objectifs de santé publique, afin de préserver, au cours de la vie professionnelle, un état de santé du travailleur compatible avec son maintien en emploi
  • Conseillent les employeurs, les travailleurs et leurs représentants sur les dispositions et mesures nécessaires afin , de prévenir la consommation d’alcool et de drogue sur le lieu de trava
  • Participent à des actions de promotion de la santé sur le lieu de travail, dont des campagnes de vaccination et de dépistage, des actions de sensibilisation aux bénéfices de la pratique sportive… .

La Prévention des addictions : sensibilisation aux risques liés à l’alcool, au tabac , aux drogues,

Il n’y a pas de date unique,  ou récente fixant un début d’obligation, mais une mission historique formalisée par la loi du 21/07/2011 et renforcée par la loi du 08/08/2016

Cette réforme a élargi leurs missions pour inclure des actions de promotion de la santé sur le lieu de travail, comme la prévention des addictions (alcool, tabac, substances psychoactives, etc.), la participation à des campagnes de vaccination et de dépistage

Au-delà des vaccinations liées aux risques professionnels (vaccins recommandés du fait de l’exposition à certains risques, vaccins rendus obligatoires par l’activité professionnelle), les SPSTI sont désormais , des acteurs attendus sur les vaccinations contribuant à la prévention de toutes les maladies transmissibles, y compris celles qualifiées de « communautaires », conformément au calendrier vaccinal publié par le ministère de la santé

L’implication des professionnels de santé au travail est notamment attendue sur trois vaccinations

  • Diphtérie, tétanos, poliomyélite (DTP) : recommandation calendrier vaccinal Français (HAS) : chez l’adulte : rappel tous les 20 ans : à 25 ans ; 45 ans ; 65 ans ; après 65 ans : rappel tous les 10 ans
  • Rougeole, oreillons, rubéole (ROR) : deux doses de vaccins ROR (vaccin trivalent avec un délai minimum d’un mois entre les deux doses) nécessaires pour chaque personne née depuis 1980
  • Grippe saisonnière :la vaccination des adultes n’est pas obligatoire mais contribue à limiter la propagation de l’épidémie de grippe, virus pouvant entraîner des conséquences graves, voire mortelles, en particulier chez les

    personnes fragiles

Questions-réponses | La vaccination par les services de prévention et de santé au travail Ministère du travail 03/2024

  • Promotion de la santé globale :lutte contre la sédentarité, l’alimentation, activités physiques etc…  
  • Intégration de la prévention cardiovasculaire en entreprise

La loi du 27 /07/2026 (dite « loi Neuder ») marque un tournant majeur en matière de prévention cardiovasculaire.:

Elle élargit clairement le rôle des SPST à la prévention cardiovasculaire, en les positionnant comme des acteurs clés de la santé publique en entreprise.

 Leur mission dépasse désormais le cadre traditionnel de la santé au travail pour inclure des actions de dépistage, sensibilisation, et coordination avec le système de santé global

Les SPST doivent intégrer la prévention des maladies cardio-neuro-vasculaires dans leurs actions de manière générale, notamment par le biais (article L. 4622-2 du Code du travail) :

  • Campagnes de dépistage de ces maladies ;
  • Actions de sensibilisation annuelles aux facteurs de risque (tabagisme, excès de consommation d’alcool, sédentarité, obésité, cholestérol, diabète, maladie rénale chronique, hypertension artérielle), lors des examens de santé au travail .

Les maladies cardio-neuro-vasculaires doivent être intégrées plus spécifiquement dans le cadre de la visite de mi-carrière (article L. 4622-2-2 du Code du travail) en sensibilisant le salarié aux facteurs de risque cardio-neuro-vasculaires et en proposant un dépistage précoce des maladies cardio-neuro-vasculaires,  et des maladies cardiaques structurelles lors de cet examen en l’adressant à son médecin traitant ou à un cardiologue selon le cas

Cette démarche va dans le sens aussi de prévenir les malaises sur les lieux de travail qui représentent 60% des AT mortels ( la plupart étant d’origine cardio vasculaire) 

Loi du 27 /07/2026 visant à doter la France d’une stratégie nationale de lutte contre les maladies cardio-neuro-vasculaires JO 28/07

 Limites et défis :

  • Ressources humaines : Les SPST manquent cruellement de médecins du travail , mais aussi d’infirmiers en santé travail pour assumer ces nouvelles missions.
  • Financement : les moyens alloués ne suivent pas l’élargissement des missions, et tout ne doit pas reposer sur les cotisations des entreprises , la SS devrait contribuer à ces nouvelles missions de santé puvlique .
  • Coordination : nécessité de mieux articuler les actions avec les médecins traitants, les hôpitaux, et les ARS (Agences Régionales de Santé) pour une approche coordonnée.